« Au moment de produire à la lumière les races mortelles, les dieux ordonnèrent à Prométhée et à Epiméthée de distinguer entre elles toutes les qualités dont elles avaient à être pourvues. Epiméthée demanda à Prométhée de lui laisser le soin de faire lui-même la distribution. (…)

Dans cette distribution, il donne aux uns la force sans la vitesse; aux plus faibles, il attribue le privilège de la rapidité; à certains il accorde des armes. (…) Bref, entre toutes les qualités, il maintient un équilibre. (…) Après qu’il les ait prémunis suffisamment contre les destructions réciproques, il s’occupa de les défendre contre les intempéries qui viennent de Zeus, les revêtant de poils touffus et de peaux épaisses, abris contre le froid, abris aussi contre la chaleur. (…) Or Epiméthée, dont la sagesse était imparfaite, avait déjà dépensé, sans y prendre garde, toutes les facultés en faveur des animaux, et il lui restait encore à pourvoir l’espèce humaine. (…) Dans cet embarras, survient Prométhée pour inspecter le travail. Celui-ci voit toutes les autres races harmonieusement équipées, et l’homme nu, sans chaussures, sans couvertures, sans armes. (…) Prométhée, devant cette difficulté, ne sachant quel moyen de salut trouver l’homme, se décide à dérober l’habileté artiste d’Héphaestos et d’Athéna, et en même temps le feu – car, sans le feu, il était impossible que cette habilité rendit aucun service – puis, cela fait, il en fit présent à l’homme. C’est ainsi que l’homme fut mis en possession des arts utiles à la vie. »

 

Platon, Protagoras

 Selon Platon, l’homme est naturellement, originellement faible (moins « fort », moins bien « doté » que la plupart des animaux). Mais cette faiblesse est compensée par un don des dieux : l’habileté, la maîtrise du feu et des techniques.

Puisse l’homme faire toujours bon usage de ce présent des dieux…